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Zedel La voiturette Type B 1907

Table des matières

Caractéristiques

Moteur 4 cylindres en ligne, en un bloc

Alésage            67 mm
Course             80 mm
Cylindrée          1’128 cm³
Puissance        7 – 8 CV
2 arbres à cames latéraux (soupapes d’admission commandées)

Carburateur à niveau constant « Zedel »
Magnéto Bosch
Radiateur B.G. (Bachten & Gallay)
Embrayage métallique à disques
Changement de vitesses à deux trains balladeurs, montés sur billes 3 vitesses et marche arrière, la grande en prise directe
Transmission par cardan
Pont arrière oscillant
Châssis en tôle emboutie /  Voie 1,15 m / Empattement 1,975 m
Direction irréversible
Moyeux avant et arrière montés sur billes
Roues en bois 700 x 85 mm
Pneumatiques Michelin en France / Michelin ou Continental en Suisse
Carrosserie de luxe / Emplacement de carrosserie 1,60 x 0,76 m / Longueur de la voiture 2,90 m
Poids en ordre de marche 500 kg environ
Prix 5’500 francs français, pris à Pontarlier / 6’000 francs suisses, pris à St-Aubin
Production 100 exemplaires ( 2 prototypes et 98 châssis, numérotés 101 à 198 )

Catalogues

en construction … 

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Représentant en Suisse, Fabrique de Moteurs et de Machines (Muller & Vogel), St-Aubin (Neuchâtel)

Automobil-Revue, de janvier à juin 1907 « Zedel Motor-Wagen »

La Suisse Sportive, 12.01.1907 « Nouveauté sensationnelle de 1907 »

La Suisse Sportive, 02.03.1907 « La voiturette ZEDEL », une page en partie rédactionnelle

Schweizerische Radmarkt, 15.05.1907 Salon de Zürich, stand 80

La Suisse Sportive,  26.05.1907 Vue du stand Zedel au Salon de Zürich

Bref article: « Tout au plus, pouvons-nous, pour réparer un oubli, signaler encore aux visiteurs le Stand 80 occupé par la Fabrique de moteurs et de machines de Saint-Aubin (Neuchâtel), si avantageusement connue en Suisse et au dehors.

Tous ceux qui viennent au Salon admirent – et c’est justice – la confortable voiturette Zédel à 4 cylindres, à 2 places, dont la Suisse Sportive fit en son temps la description détaillée ; et, à ses côtés, les petites motocyclettes Zédel, à 2, 3 1/2 et 5 HP, à 1 et à 2 cylindres, la motocyclette légère qui pèse, au total 40 kg., avec cadre très bas, roues de 60 centimètres et pneu de 50 millimètres.

A voir dans le même Stand les antidérapant  » Houben  » pour motocyclettes et automobiles, dont la représentation générale pour la Suisse a été confiée à l’excellente fabrique neuchâteloise. »

La Suisse Sportive,  15.06.1907            « Motocyclettes, Tricars, Voiturettes »

Représentant en Italie, Società Anonima FRERA – Milano

Touring-Club Italiano, février 1907 Vetturette Frera « Zedel » 4 cil. – 8 HP

Touring-Club Italiano, juillet 1907 Vetturetta FRERA ZEDEL 4 cilindri – 8-10 HP

Historique

A la fin de l’année 1905, la décision est prise de construire des voiturettes ZEDEL. C’est le 24 décembre 1905 que le représentant pour l’Italie, Corrado Frera à Milan a réclamé au banquier G. Nicolas, alors vice-président du conseil d’administration, la construction de voiturettes 4 cylindres en se proposant de les écouler.

            Dès le 23 février 1906, Ernest Zürcher est à Paris pour acheter des pièces pour deux prototypes. Le premier prototype sera achevé en un temps record, puisqu’il sera terminé le mercredi 4 avril 1906 à Pontarlier, d’où il aurait dû être expédié immédiatement à Milan. Le problème est que si Ernest Zürcher est capable de dessiner le moteur, la boite, le pont, et la direction de la voiturette, il n’est pas aussi compétent pour dessiner un bon châssis. Comme le temps presse, les directeurs font la proposition suivante le 12 avril 1906 : « plutôt que de chercher un technicien-constructeur pour seconder Mr Zürcher, on pourrait acheter par Lamberjack un châssis Renault pour le copier ».

            C’est ce qui fut fait! Les deux frères Lamberjack (Dominique, mécanicien et coureur motocycliste, et Emile, le financier de la Société Franco-Américaine d’Automobiles, 95 Bd. Gouvion-St-Cyr à Paris) avaient au 93 Champs-Elysées l’agence de FIAT, RENAULT et ZEDEL. Ils enverront à Pontarlier (à l’insu de Renault, bien entendu) un châssis Renault qui sera étudié en détail avant d’être revendu début juillet 1906 (avec 1’000 francs de perte) au Dr. Leblanc, administrateur du ZEDEL à Pontarlier.

            La mise au point du second prototype s’avère assez laborieuse, puisqu’en juillet 1906 les essais se poursuivent et que le 18 septembre 1906, Frera attend toujours ce prototype pour commander une série de 100 voiturettes. Le premier prototype définitif est à Paris le 8 octobre 1906. Ernest Zürcher a fait le voyage de Pontarlier à Paris sans problème. Le même jour, Frera réclame à nouveau des voiturettes.

            La finition d’une présérie de 8 voiturettes se fait toujours attendre début décembre 1906. Il faut dire à sa décharge que ZEDEL est tributaire de sous-traitants pour les radiateurs, les capots, les directions, les carburateurs, etc..

            Les deux premières voiturettes sont présentées à l’assembée générale des actionnaires du 12 décembre 1906, réunie exceptionnellement dans ce but à Pontarlier. Elles sont accompagnées d’un moteur, d’un changement de vitesses et d’un pont arrière d’exposition. On indique aux actionnaires que l’étude a coûté 17’500,– .

            La présentation publique de la voiturette Zedel a lieu au Salon de l’Automobile de Paris, qui se tient cette année-là du 7 au 24 décembre. Samuel Graf sera personnellement à Paris du 5 au 10 et du 13 au 23 décembre, avec toute la direction de Zédel, puisqu’il commande le 16 novembre 1906 à Mr G. Rives, commissaire général de l’A.C.F. des billets P.L.M. à 1/2 tarif pour les personnes suivantes: Georges Nicolas, Dr. Vouga, Julien Rossiaud, Jules Langer et Maurice Borel, administrateurs, Ernest Zürcher et Samuel Graf, directeurs, Georges Leblanc et Philibert Vouga,  ingénieurs, Jacob Graber, contremaître, et Eugène Petitpierre, essayeur, plus 10 bons destinés aux ouvriers. Il s’y ajoute le 21 novembre MM. Alfred Waelchli, Alfred Riotte, Albert Reichen, Maurice Duband, Maurice Nicod, Charles Rossuge, Martin Vogel, Alfred Gautschi, contremaitres, Théodore Müller, comptable, Gustave Jéquier, voyageur, et Gabriel Frischmann, ouvrier.

Sitôt après le Salon de Paris, Zédel lance en grand la réclame pour la voiturette à moteur 4 cylindres 67×80 mm, à carrosserie 2 places fournie d’usine (ce sera la première et la dernière fois, toutes les voitures suivantes quitteront l’usine en châssis nu). La modestie étant exclue de la publicité de cette époque, on n’hésite pas à parler de « nouveauté sensationnelle de 1907 »  ou de « la voiture la plus complète, fiable, et puissante du présent ».

Le 22 janvier 1907, Frera, le représentant en Italie, n’a toujours pas reçu de châssis de série, en raison des abondantes chûtes de neige. Le 4 mars 1907, Ailloud & Dumond, représentants Zedel à Lyon, disposent enfin d’une voiture de toute beauté, carrossée par la maison Gauthier.

            Au moment même où les premières ventes s’annoncent brillamment, le conseil d’administration se rend compte que Ernest Zürcher est non seulement débordé, mais qu’il « manque de vue d’ensemble » et qu’il ne consacre plus « tout son temps et tous ses efforts à la prospérité de la Société », ainsi que l’article 34 des statuts lui en fait obligation.

            Les rapports entre le conseil d’administration et Mr Zurcher se tendent au point que les administrateurs-délégués Maurice Borel et Dr Leblanc donnent à Zurcher leurs ordres par écrit:

  • Le 27 février 1907 à 18:00 : Zurcher doit se rendre à Milan dès le lendemain pour satisfaire Frera.
  • Le 6 mars 1907 : Zurcher doit se rendre à Paris le soir même pour donner satisfaction à Lamberjack, puis rédiger un rapport sur les desiderata des agents de Milan et de Paris.

            Zurcher ne remettant pas le rapport réclamé, le conseil d’administration convoque le 12 mars les actionnaires en assemblée générale extraordinaire pour le samedi 23 mars 1907. La majorité des actionnaires donne tort à Monsieur Zürcher, qui doit quitter immédiatement l’entreprise dont il était co-fondateur et directeur technique.

            Le 28 mars, Mr Nicolas, Président du Conseil d’Administration, convoque un expert indépendant, Mr Hans Weber, afin d’établir un inventaire complet de l’usine de Pontarlier pour éviter toute contestation de la part de Mr Zürcher.

            Comme s’il ignorait son licenciement, Zürcher réintègre l’usine le 29 mars et reprend son poste habituel. Il insulte Mr. Nicod, le magasinier, occupé à faire l’inventaire, qui donne son congé. Samuel Graf, au bord de la dépression nerveuse, doit mettre dans la balance sa démission auprès de Mr. Nicolas. Celui-ci rencontre E. Zürcher le 30 mars à 10 heures et lui fait comprendre qu’il ne doit plus remonter à Pontarlier.

            Samuel Graf devient Directeur Général, comme le confirmera une ciculaire publique du 15 juin.

Une circulaire confidentielle du 30 juin signale les « manquements graves » d’Ernest Zürcher et rassure les actionnaires de Zedel.

Le départ de Zürcher ayant ramené la sérénité dans l’usine, ZEDEL se lance dans la production d’une série de 100 châssis-voiturette, avec 200 ouvriers, mais avec comme seul responsable technique son remarquable chef-mécanicien Jacob Graber (qui méritera une médaille de l’A.C.F. à la fin de 1908). Il faut absolument remplacer Ernest Zürcher au plus vite.

            Samuel Graf commence à rechercher un ingénieur-constructeur pour ZEDEL dès le lundi 25 mars 1907. Après avoir contacté Mr F. Muth, il embauche Mr A. Sauvêtre le 23 mai 1907. Celui-ci ne travaillera que du 17 juin au 3 août 1907, sans même achever sa période d’essai. Samuel Graf repart en quète. C’est grâce à MM. Ailloud & Dumond, agents Zedel à Lyon, qu’il trouve Mr. Émile Fochier en octobre 1907. Ce jeune ingénieur est sorti de Centrale en 1903, vient de chez Pilain à Lyon, et travaillera chez ZEDEL jusqu’en novembre 1909.

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